Accueil Actualités Entretien d'une pompe à chaleur : ce que dit la loi, et ce que dit votre garantie
Entretien

Entretien d'une pompe à chaleur : ce que dit la loi, et ce que dit votre garantie

La loi impose une visite tous les deux ans. Votre fabricant, souvent, l'exige tous les ans. Être en règle ne suffit donc pas à être couvert.

Publié le 2 juillet 2026 4 min de lecture Par Energie Avenir

Une pompe à chaleur demande peu. Mais « peu » n'est pas « rien » — et sur ce sujet, la loi a tranché depuis 2020, sans que grand monde ne s'en aperçoive.

Voici ce qui est obligatoire, ce qui est simplement utile, et ce que vous risquez à ne rien faire.

Ce que dit la loi : tous les deux ans

Depuis le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020, l'entretien des systèmes thermodynamiques est obligatoire. La règle est simple :

  • Puissance entre 4 et 70 kW — c'est-à-dire l'immense majorité des installations domestiques : entretien au moins tous les deux ans, par un professionnel.
  • Puissance supérieure à 70 kW : inspection tous les cinq ans, avec un rapport détaillé.
  • Exception : les appareils destinés uniquement à produire l'eau chaude sanitaire d'un seul logement ne sont pas concernés.

Deux précisions qui surprennent souvent. D'abord, l'entretien est à l'initiative de l'occupant du logement, sauf mention contraire dans le bail : si vous louez, c'est en principe votre locataire qui doit le faire réaliser. Ensuite, à l'issue de la visite, le professionnel doit vous remettre une attestation d'entretien. Conservez-la : elle vous sera réclamée.

Pourquoi le professionnel est obligatoire

Parce que l'entretien réglementaire implique le contrôle du circuit frigorifique — et que la manipulation des fluides frigorigènes est strictement réservée aux détenteurs d'une attestation de capacité. Ce n'est pas une question de corporatisme : ces fluides sont de puissants gaz à effet de serre, et leur fuite dans l'atmosphère est un problème réel.

Le technicien vérifie l'étanchéité du circuit, les pressions, les températures d'entrée et de sortie, le bon fonctionnement du dégivrage, l'état de l'échangeur extérieur, et sur une PAC air/eau, tout le circuit hydraulique : purges, circulateur, vase d'expansion, pression du réseau.

Tous les deux ans, vraiment ? Le décalage entre la loi et la garantie

Voici un piège dans lequel tombent beaucoup de propriétaires. La loi impose une visite tous les deux ans. Mais de nombreux fabricants conditionnent leur garantie à un entretien annuel.

Autrement dit : vous pouvez être parfaitement en règle avec la loi, et voir malgré tout votre garantie refusée en cas de panne. Le compresseur d'une pompe à chaleur coûte cher. Très cher.

Lisez les conditions de garantie de votre modèle. Si elles exigent une visite annuelle, faites-la. L'écart de coût est sans commune mesure avec le risque.

Ce que vous pouvez faire vous-même

Quelques gestes simples, qui ne remplacent pas la visite réglementaire mais la complètent utilement :

  • Dégagez l'unité extérieure. Feuilles mortes, neige, herbes hautes, cartons entreposés contre le caisson : tout ce qui gêne la circulation de l'air fait chuter le rendement. Laissez au moins cinquante centimètres de dégagement.
  • Dépoussiérez les grilles, à sec, appareil éteint.
  • Surveillez la pression du circuit de chauffage, comme vous le feriez avec une chaudière.
  • Écoutez-la. Un bruit nouveau, une perte de puissance, une facture qui grimpe sans raison : ce sont des signaux. Un appel à ce moment-là coûte moins cher qu'une réparation trois mois plus tard.

Ce qu'on risque à ne rien faire

Une facture qui remonte, sans qu'on comprenne pourquoi. C'est l'effet le plus insidieux. Un échangeur encrassé, une charge de fluide légèrement basse, et le rendement se dégrade progressivement. Vous continuez à chauffer, mais vous payez davantage — et rien ne vous alerte, parce que rien n'est en panne.

La perte de la garantie. Sans attestation, la plupart des fabricants refusent la prise en charge. Et les pièces maîtresses d'une PAC ne sont pas des consommables.

Un problème à la revente. L'attestation d'entretien peut vous être demandée lors d'une transaction immobilière. Son absence peut ouvrir la voie à une contestation.

Contrat d'entretien ou visite à la carte ?

Les deux se défendent. Le contrat a l'avantage de vous décharger du suivi : le rendez-vous est pris, la date ne s'oublie pas, et il inclut souvent une priorité d'intervention en cas de panne — ce qui compte, un dimanche de février.

La visite à la carte revient généralement moins cher, mais suppose que vous y pensiez. En pratique, beaucoup l'oublient — jusqu'au jour où la garantie est réclamée.

Dans les deux cas, une règle : confiez l'entretien à un professionnel titulaire de l'attestation de capacité pour les fluides frigorigènes. C'est votre garantie, au sens propre.

Et chez vous, ça donnerait quoi ?

Six questions, deux minutes : découvrez les aides auxquelles votre projet peut prétendre. Gratuit, sans engagement.