Pompe à chaleur ou radiateurs électriques : le calcul que personne ne fait
Un convecteur est efficace à 100 %. Une pompe à chaleur atteint 300 %. Ce n'est pas de la magie : c'est de la physique, et voici le calcul complet.

« Une pompe à chaleur, ça consomme de l'électricité. J'ai déjà des radiateurs électriques. Où est le gain ? »
La question est excellente, et elle mérite un vrai calcul plutôt qu'un slogan. Faisons-le ensemble, chiffres à l'appui. Vous allez voir : le résultat n'est pas une question d'opinion.
Un radiateur électrique est parfaitement efficace. C'est bien le problème.
Un convecteur électrique transforme l'électricité en chaleur avec un rendement de 100 %. Un kilowattheure acheté, un kilowattheure de chaleur dans le salon. Rien ne se perd.
On ne peut pas faire mieux. C'est physiquement impossible : on ne peut pas obtenir plus de chaleur que d'énergie fournie… sauf si l'on triche. Et c'est exactement ce que fait une pompe à chaleur.
La pompe à chaleur ne produit pas : elle transporte
Une PAC n'essaie pas de fabriquer de la chaleur. Elle va la chercher dans l'air extérieur — où elle est gratuite et inépuisable — et elle la transporte chez vous. L'électricité qu'elle consomme ne sert pas à chauffer : elle sert à faire tourner la pompe.
C'est la différence entre fabriquer de l'eau et la puiser dans un puits. Dans le second cas, l'effort ne sert qu'à la remonter.
Résultat : pour 1 kWh d'électricité consommé, une pompe à chaleur air/eau restitue en moyenne 3 à 4 kWh de chaleur. Ce rapport porte un nom, le COP (coefficient de performance). Le convecteur, lui, plafonne à 1. Pour toujours.
Le calcul, sur une maison réelle
Prenons une maison qui a besoin de 15 000 kWh de chaleur par an pour être confortable — un ordre de grandeur courant pour une maison familiale correctement isolée.
- Avec des convecteurs électriques : il faut acheter 15 000 kWh d'électricité. Le rendement étant de 1, il n'y a pas d'autre solution.
- Avec une pompe à chaleur (SCOP de 3) : il faut acheter 15 000 ÷ 3 = 5 000 kWh d'électricité. Les 10 000 kWh restants sont pris dans l'air extérieur, gratuitement.
Vous consommez donc trois fois moins d'électricité pour exactement le même confort. Et remarquez ce que ce calcul a d'élégant : il ne dépend pas du prix du kilowattheure. Que l'électricité augmente ou baisse, le rapport reste le même. Vous paierez toujours environ trois fois moins.
Pourquoi « SCOP » et pas « COP »
Un détail qui n'en est pas un. Le COP est mesuré en laboratoire, dans des conditions idéales. C'est le chiffre qu'on met sur les brochures — évidemment.
Le SCOP (le « S » signifie saisonnier) mesure le rendement moyen sur une saison de chauffe complète, journées de gel comprises. Il est toujours plus bas que le COP, et c'est le seul chiffre qui reflète votre facture.
Quand un commercial vous vante un COP de 5, demandez-lui le SCOP. Sa réaction vous en apprendra beaucoup.
Ce que le calcul ne dit pas
Nous ne vendrions pas de pompes à chaleur longtemps si nous cachions ceci :
Le rendement baisse quand il fait très froid. Par −7 °C, un COP de 4 peut tomber vers 2. Ces journées sont peu nombreuses, et le SCOP les intègre déjà — mais sur les jours les plus rudes, l'écart avec un convecteur se resserre.
L'installation représente un investissement. Un convecteur coûte quelques centaines d'euros. Une pompe à chaleur, plusieurs milliers, même après les aides. Le gain se construit sur des années, pas sur un hiver.
Une maison mal isolée ruine le calcul. Si la chaleur s'échappe par le toit et les fenêtres, la PAC tournera en permanence à haute température, donc à mauvais rendement. Dans une passoire thermique, l'isolation doit venir en premier. Toujours.
Alors, faut-il basculer ?
Si vous chauffez à l'électrique dans un logement correctement isolé, la réponse est oui, et sans hésitation : c'est le cas de figure où le gain est le plus spectaculaire. Vous divisez votre consommation par trois, et vous êtes éligible aux aides les plus généreuses, précisément parce que l'État veut faire disparaître le chauffage électrique direct.
Si votre logement est une passoire, commencez par l'isoler. Nous vous le dirons franchement lors de l'étude — y compris si cela retarde notre chantier.
Et chez vous, ça donnerait quoi ?
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